Chazelles,  Histoires,  Mot à Maux,  R.Venet

Mon trip à moi

Au petit matin.

Au petit matin, la rosée s’était délicatement invitée sur mes joues. Une légère caresse glissait lentement dans le creux de mon dos.

Les fines gouttelettes de cette nuit magique virent chatouiller le bas de mes reins. Mes lombaires s’eveillaient en douceur, et cela sans en ressentir la moindre gêne.

“Étais-je guéri ?”

je me réveillai entouré des miens. Ma nouvelle famille était là. J’avais passé une très bonne nuit, cela ne mettait pas arrivé depuis longtemps. Pour la première fois, je pouvais m’étirer.

“Oui, vous lisez bien, m’étirer.”

Posez-vous un instant. Regardons, observons notre nature, nos animaux. Que vont-ils nos chers et tendres compagnons de vie. Au petit matin, chacuns d’entre eux s’étirent. Ils prennent le temps et donnent aux temps de faire son œuvre.

“Ma grand-mère l’avait bien observé. Elle savait, comprenait notre nature.”

“Toute mon enfance, j’ai été bercé de ses sages paroles, elle nous disait, étirez-vous comme des petits chats.”

“Là, je viens de mettre une énorme gifle à mon moi.”

Et bien moi, cela fait trois longues années, que je n’ais plus eu l’occasion de m’étirer. Mes douleurs lombaires m’empêchait, me privait de ce privilège.

Mes étirements salvateur finis, je me relevais doucement. Je finis par trouver une pose qui mettait agréable.

C’est ainsi, que je me suis trouvé à quatre pattes, regardant mes amis s’ébrouer dans la petite prairie. Comme eux, j’étais “à quatre pattes”, et j’étais près à broûter de l’herbe !

Les plus jeunes étaient réveillés depuis l’aube, ensemble ils gambadaient, le sabot légé comme le vent.

L’un d’entre eux, la plus timide, s’approcha tout près de moi. Délicatement, la petite faonne me poussait à l’aide de sa petite tête. Sa maman n’était pas très loin, elle regardait sa jeunette me taquiner. Le Cerf lui, observait la scène de l’autre bout du pré, je devinais un large sourire entre ses bois.

Cette petite faonne m’invitait à rejoindre ses petits camarades pour jouer ensemble. En un instant, je m’empressais de rejoindre le petit groupe. Dans le jeu, la faonne me mordait doucement les fesses et ses copains riaient de nos bêtises.

Mais, il était temps pour moi de rentrer. Les aurevoirs furent très délicat, j’étais triste et impatient de pouvoir nous retrouver.

Non sans mal, je remontis le pré pour rejoindre le chemin tortueux, qui me séparait de mon chez moi.

Tout au long de mon retour, je n’arrêtais pas de repenser à cette formidable journée passée en compagnie de ces êtres magnifiques.

Très vite, la nostalgie de leur compagnie m’envahit. J’étais comme une personne devenue addict. Comme un drogué.

“Mon moi m’interdit de vous dire ce que j’ai sur le cœur.”

J’étais chez moi, le maigre quotidien ne  m’occupait pas suffisamment. Il me fallait absolument occuper mon esprit.

“Nous y sommes, mon moi.”

Cela était vitale pour ma santé psychologique.

Les repas étaient une réponse à mes ennuis. Quelques courgettes cueillies dans le jardin, étaient vite éplucher pour finir dans une casserole ; pour une ratatouille bien assaisonner d’ail et une pointe de piment d’espelette.

Le tout arrosé d’un peu d’Albert King pour mettre de la gaieté dans mon chez moi.

Les jours de grande tristesse, ACDC et U2 me bottait le “cul” pour ne pas sombrer en enfer.

Quelques mauvaises herbes à pulvériser, un petit coup d’œil à la qualité de l’eau de la piscine. Oui, une piscine dans laquelle, je n’ai pas pu y mettre mes fesses tant les douleurs étaient insoutenable.

Puis, retour sur mon lit médicalisé afin de reposer mes lombaires.

Assis, debout puis de nouveau assis et ainsi de suite. Les médicaments, plus exactement la morphine, venait m’assomer des heures durant. Le rêve de tout être humain.

“Mon moi ne me laissait aucun répit.”

Heureusement que ma femme et mon fils étaient là pour m’aider à tenir, oui tenir. Les amis et ils ne sont pas nombreux, mais ils essayaient d’être.

(…)

“Je ne parlerai pas … du restes qui, trop douloureux et ferait bien trop plaisir à certains.”

Bordel, trois ans que ça dure se bordel !

“À mon moi, je sais, je me répète, mais je t’emmerde.”

Infiniment, petite nature découvre nous ta vraie nature
Infiniment, petite nature découvre nous ta vraie nature

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Je m'appelle Richard VENET. Je représente Marie Antoinette Venet, ma grand-mère que nous appelions Mamie Chazelles ou bien encore mamie Saphir. Elle est née le 4 avril 1912 à Écully dans le Rhône (69), sous le nom de Safrany. C'est sa tante Pierrette Poncet qui l'éleva dans le village de Virigneux dans la Loire (42).

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